Dissocier la personne du comportement

Aujourd’hui, je passe la plume à Etienne Pluvinage, un passionné des mots et des autres. Il m’a fait part d’une belle histoire qui me semble une formidable matière à réflexion.

 

« Comme chaque semaine, j’ai retrouvé hier soir Jean-Michel, mon professeur de Qi Gong. (C’est un art martial chinois thérapeutique et ça se prononce « Tchi Kong ».) Hier soir, nous avons parlé pendant l’échauffement comme d’habitude et nous évoquions un conflit au milieu duquel il se trouve malgré lui. Je ne souhaite pas vous raconter le sujet du conflit mais plutôt la façon dont il réussit à défendre ses intérêts en se protégeant des émotions destructrices.

 

Lorsqu’il se trouve face à la personne à l’origine de la discorde, il parvient systématiquement à dissocier cette personne de son comportement. C’est comme s’il la coupait en deux : d’un côté la personne qui mérite le respect comme tout être humain et de l’autre côté son comportement qu’il désapprouve totalement.

 

Arriver à faire cette séparation lui permet de s’opposer avec détermination sans éprouver de colère pour l’autre. Faire l’amalgame entre la personne et son comportement, c’est courir le risque de haïr l’autre, d’être submergé par cette émotion et de perdre sa lucidité, son discernement, en bref, de perdre ses moyens.

 

 

En dissociant la personne de son comportement, Jean-Michel peut aller jusqu’au bout de la défense de ses intérêts personnels sans pour autant écraser l’autre. Il peut même gagner la partie sans que l’autre ne la perde… »

 

Etienne Pluvinage