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Se mesurer

 

outils de mesureJe passe mon temps à me mesurer. Je suis plus vielle, moins rapide, plus engourdie, moins vive d’esprit…Comme par hasard, je me mesure toujours à des personnes que j’admire ou que je jalouse secrètement.

 

 

En tirant la langue je courais derrière mon mari lors de notre dernier footing. Frustrée de ne pas être aussi rapide que lui, il a fallu que je me raisonne: après tout, c’est un homme et dans tous les sports, les hommes et les femmes ne sont pas mesurés avec la même échelle.

 

 

Vous mesurer à quelqu’un de plus fort que vous, vous tire vers le haut. Vous mesurer à quelqu’un d’une autre échelle vous frustre et vous fait abandonner !

 

 

Il est bien d’avoir des idoles, ou des modèles. Mais je ne courrai jamais aussi vite qu’un homme. Je médite, mais je ne deviendrai pas le futur Dalaï Lama. Je pratique la tolérance, mais – même avec un gros effort  – je ne deviendrai pas le futur Nelson Mandela !

 

 

Alors à qui vous mesurez-vous ? Cette personne est-elle sur la même échelle que vous ?

 

 

Les sentiments et les besoins

Mon mari et moi avons pour habitude de courir ensemble le dimanche. Quand nous partons de la maison pour rejoindre le chemin vers la forêt voisine j’adapte ma foulée à la foulée de mon mari. Je prends son rythme. Cela se fait inconsciemment et je ne me rends compte de cela qu’une fois que c’est fait.

A ce moment-là,  il faut que je fasse un réel effort pour retrouver ma foulée à moi qui est légèrement plus longue et donc plus lente que la sienne. Depuis cette découverte,  je me suis rendue compte que je fais la même chose dans pleines de domaines de la vie et je vous explique comment et pourquoi.

L’homo civilisatus vit en groupe. Nous sommes entourés de gens autant au bureau qu’à la maison, dans le métro et quand nous faisons du sport. Et nous nous « adaptons » aux autres, parce que nous avons envie, parce que cela « se fait », parce que c’est la coutume, parce que nous avons toujours fait comme cela ou encore parce que l’autre doit savoir, car après tout, il est l’expert dans le domaine.

Or, cette adaptation nous coûte 1) un effort et 2) nous éloigne de nos propres besoins. A court terme et comme cas isolé ceci n’a peut-être aucune incidence et l’effort fourni est négligeable. En revanche à long terme nous sommes frustrés d’avoir abandonné nos propres besoins afin de « faire plaisir » ou de « nous plier » à quelqu’un d’autre et l’effort fourni devient gigantesque, voire insurmontable et cela souvent de manière totalement inconsciente.

Nous sommes peut-être non seulement frustrés, mais outrés, en colère, tristes, déprimés et que sais-je d’autre. Notre frustration explosera sous forme de colère ou de dépression et de façon exponentielle à un moment inopportun ou surprenant pour des raisons incompréhensibles pour l’entourage.

Si en revanche, nous sommes à l’écoute de nos besoins, nous pouvons « ajuster notre foulée » ou nous comporter ou de vivre de façon qui corresponde à nos propres besoins.

Mais comment est-ce que je sais alors ce dont j’ai besoin ? – Bonne question. La plupart des gens sont d’ailleurs incapables d’exprimer leurs vrais besoins. Ils sont éduqués et conditionnés avec des « il faut ». Ils mettent alors leurs propres besoin de côté et font ce qu’il faut ou convient de faire.

Il y a une manière simple pour découvrir vos besoins : vous observez de façon très attentive les sentiments qui vous habitent !

Dans mon cas du footing, je me rends compte que quelque chose ne va pas. Je pourrais arrêter ma réflexion là et me forcer de continuer ma course en arrivant essoufflée et en reprochant à mon mari qu’il court trop vite pour moi et qu’il pourrait quand même faire attention à mon rythme.

Mais, ce n’est pas ce que je fais. Je scrute mes sentiments et émotions : Je me sens mal à l’aise. Je me sens dépassée, épuisée, frustrée et que sais-je d’autre ? De voir et pouvoir nommer les sentiments négatifs qui m’habitent, correspond à un warning rouge qui clignote. C’est comme dans une voiture : je peux ignorer la loupiotte qui clignote en rouge qui m’indique qu’il faut mettre de l’huile ou je peux prendre ce warning au sérieux et m’occuper de mon niveau d’huile.

Pour rester avec l’image de la voiture, vous ne pouvez pas – à l’œil nu – constater que le niveau d’huile est bas. La même chose est vraie pour vos besoins. Vous ne pouvez pas les deviner sans qu’un sentiment désagréable vous indique que quelque chose ne va pas.

De s’écouter et exprimer ses sentiments n’est pas de l’égoïsme. C’est une hygiène de vie qui s’apprend. A vos tableaux de bords ! Y a-t-il des voyants allumés ? Occupez-vous en avant qu’ils ne s’occupent de vous !

(Article basé sur les travaux de Thomas d’Ansembourg sur « La Communication NonViolente »  ou CNV)